Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur                                          

Année B.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 1-72; 15, 1-47

La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d'arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir. (le texte intégral est en annexe)

                                                                     ________

 

Le premier dimanche du carême nous invitait à actualiser notre engagement baptismal ; 

le deuxième, à prendre de plus en plus conscience de la proximité de Dieu ;

le troisième, à voir de plus en plus l’amour du Christ dans le don de sa vie ;

le quatrième à nous ouvrir aux autres ;

le cinquième nous proposait de voir le sacrifice du Christ comme une invitation à nous unir à lui et à rendre grâce.

 

                                                    _________

 

Aujourd’hui

                                    

La liturgie a un double volet. Elle exprime la tristesse parce que c’est le jardin de Gethsémani et elle manifeste la lumière en proclamant que Jésus est le Fils de Dieu.

 

C’est la souffrance qui s’exprime dans la relecture des textes de l’Ancien Testament. La première communauté chrétienne connaissait très bien ce texte d’Isaïe. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats (1). Ce texte redisait la souffrance que le peuple juif avait vécue en exil. Les premiers chrétiens qui faisaient une relecture de ce texte y voyaient les souffrances du Christ.

 

Sur la croix, avant de mourir, Jésus a dit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il reprenait les premiers mots du psaume 22 que tous les juifs récitaient au temple et que nous venons de lire. Ce psaume s’inscrivait dans l’attente d’un messie souffrant qui donnerait la vie aux êtres humains.

 

Si, dans son agonie, Jésus a repris les mots du psaume, cela devait être d’une importance capitale. Reprenons ce psaume et regardons ce qu’il exprime.

 

La souffrance d’un crucifié.

 

Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête…

 Psaume 22 Verset 8

 

Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mes vêtements. V19

 

La confiance en l’alliance de Dieu.

 

Toi, Seigneur ne sois pas loin. Ô ma force, vite à mon aide. V20

 

La louange à Dieu.

 

De toi vient ma louange dans la grande assemblée. Les pauvres mangeront et seront rassasiés. Ils loueront Yahvé, ceux qui le cherchent : que vive votre cœur à jamais. V 26-27

 

L'adoration universelle de Dieu.

 

Tous les lointains de la terre se souviendront et reviendront vers Yahvé; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. À Yahvé la royauté, au maître des nations. V 28-29

 

                           

Dans cette phrase : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Jésus affirme le sens de sa mission.

 

- Il est élevé de terre dans la souffrance.

- Il assure le lien avec Dieu.

- Il donne sa vie en geste d’amour et d’intercession auprès de Dieu.

- Il proclame que sa mort est une œuvre de salut universel.

 

Un événement strictement humain?

En entendant ces mots, mon Dieu, mon Dieu…, certains pensèrent que Jésus appelait le prophète Élie.

 

Un événement divin?

En entendant ces mêmes mots, d’autres, comme le centurion romain, crurent que cet homme était vraiment le Fils de Dieu.

 

Vous et moi.

Nous commençons la Semaine sainte et nous savons que la Gloire de Dieu et le Royaume de Dieu ne sont pas de l’ordre du temporel. Ce que nous voyons de nos yeux mortels va disparaître et il ne restera que ce que nos yeux de la foi voient : un Christ en croix et un Christ ressuscité.

 

L’amour du Christ Jésus qui nous est manifesté doit être accueilli comme le vent qui souffle sur notre personne. Il vient vers nous et sur nous tout en ne disant pas toute sa puissance de transformation.

 

Chaque moment de notre existence nous permet d’ouvrir des brèches dans le Ciel et de voir les rayons de la Lumière de Dieu.

 

Chaque moment de nos souffrances déchire un peu plus le voile qui laisse entrevoir le sanctuaire du temple nouveau : le Christ Jésus mort et ressuscité pour nous.

 

Amen.

 

Notes :

1-         1re lecture Isaïe 50,4 -7

2-          Psaume 22 de la messe

 

Bon dimanche.

André Sansfaçon, prêtre.

www.homelie.qc.ca

 

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 1-72; 15, 1-47

14

01  La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d'arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.
02  Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter une émeute dans le peuple. »
03  Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête.
04  Or, quelques-uns s'indignaient : « A quoi bon gaspiller ce parfum ?
05  On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pièces d'argent et en faire don aux pauvres. » Et ils la critiquaient.
06  Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C'est une action charitable qu'elle a faite envers moi.
07  Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
08  Elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire. D'avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement.
09  Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »
10  Judas Iscariote, l'un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus.
11  A cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Dès lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12  Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? »
13  Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le.
14  Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?'
15  Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
16  Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
17  Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze.
18  Pendant qu'ils étaient à table et mangeaient, Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. »
19  Ils devinrent tout tristes, et ils lui demandaient l'un après l'autre : « Serait-ce moi ? »
20  Il leur répondit : « C'est l'un des Douze, qui se sert au même plat que moi.
21  Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui qui le livre ! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né. »
22  Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
23  Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
24  Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude.
25  Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
26  Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27  Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
28  Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »
29  Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. »
30  Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. »
31  Mais lui reprenait de plus belle : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
32  Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Restez ici ; moi, je vais prier. »
33  Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.
34  Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez. »
35  S'écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui.
36  Il disait : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »
37  Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ?
38  Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »
39  Il retourna prier, en répétant les mêmes paroles.
40  Quand il revint près des disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis. Et ils ne savaient que lui dire.
41  Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C'est fait ; l'heure est venue : voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs.
42  Levez-vous ! Allons ! Le voici tout proche, celui qui me livre. »
43  Jésus parlait encore quand Judas, l'un des Douze, arriva avec une bande armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres, les scribes et les anciens.
44  Or, le traître leur avait donné un signe convenu : « Celui que j'embrasserai, c'est lui : arrêtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. »
45  A peine arrivé, Judas, s'approchant de Jésus, lui dit : « Rabbi ! » Et il l'embrassa.
46  Les autres lui mirent la main dessus et l'arrêtèrent.
47  Un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille.
48  Alors Jésus leur déclara : « Suis-je donc un bandit pour que vous soyez venus m'arrêter avec des épées et des bâtons ?
49  Chaque jour, j'étais parmi vous dans le Temple, où j'enseignais ; et vous ne m'avez pas arrêté. Mais il faut que les Écritures s'accomplissent. »
50  Les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent tous.
51  Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n'avait pour vêtement qu'un drap. On le saisit.
52  Mais lui, lâchant le drap, se sauva tout nu.
53  Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre, et tous les chefs des prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54  Pierre avait suivi Jésus de loin, jusqu'à l'intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis parmi les gardes, il se chauffait près du feu.
55  Les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort, et ils n'en trouvaient pas.
56  De fait, plusieurs portaient de faux témoignages contre Jésus, et ces témoignages ne concordaient même pas.
57  Quelques-uns se levaient pour porter contre lui ce faux témoignage :
58  « Nous l'avons entendu dire : 'Je détruirai ce temple fait de main d'homme, et en trois jours j'en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme.' »
59  Et même sur ce point, ils n'étaient pas d'accord.
60  Alors le grand prêtre se leva devant l'assemblée et interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien à ce que ces gens déposent contre toi ? »
61  Mais lui gardait le silence, et il ne répondait rien. Le grand prêtre l'interroge de nouveau : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? »
62  Jésus lui dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
63  Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
64  Vous avez entendu le blasphème. Quel est votre avis ? » Tous prononcèrent qu'il méritait la mort.
65  Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d'un voile, et le rouèrent de coups, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des gifles.
66  Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une servante du grand prêtre.
67  Elle le voit qui se chauffe, le dévisage et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! »
68  Pierre le nia : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. » Puis il sortit dans le vestibule.
69  La servante, l'ayant vu, recommença à dire à ceux qui se trouvaient là : « En voilà un qui est des leurs ! »
70  De nouveau, Pierre le niait. Un moment après, ceux qui étaient là lui disaient : « Sûrement tu en es ! D'ailleurs, tu es Galiléen. »
71  Alors il se mit à jurer en appelant sur lui la malédiction : « Je ne connais pas l'homme dont vous parlez. »
72  Et aussitôt, un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus : « Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Et il se mit à pleurer.

15

01  Dès le matin, les chefs des prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le grand conseil. Puis ils enchaînèrent Jésus et l'emmenèrent pour le livrer à Pilate.
02  Celui-ci l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répond : « C'est toi qui le dis. »
03  Les chefs des prêtres multipliaient contre lui les accusations.
04  Pilate lui demandait à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu'ils portent contre toi. »
05  Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate s'en étonnait.
06  A chaque fête de Pâque, il relâchait un prisonnier, celui que la foule demandait.
07  Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour avoir tué un homme lors de l'émeute.
08  La foule monta donc, et se mit à demander à Pilate la grâce qu'il accordait d'habitude.
09  Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10  (Il se rendait bien compte que c'était par jalousie que les chefs des prêtres l'avaient livré.)
11  Ces derniers excitèrent la foule à demander plutôt la grâce de Barabbas.
12  Et comme Pilate reprenait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,
13  ils crièrent de nouveau : « Crucifie-le ! »
14  Pilate leur disait : « Qu'a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »
15  Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas, et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu'il soit crucifié.
16  Les soldats l'emmenèrent à l'intérieur du Prétoire, c'est-à-dire dans le palais du gouverneur. Ils appellent toute la garde,
17  ils lui mettent un manteau rouge, et lui posent sur la tête une couronne d'épines qu'ils ont tressée.
18  Puis ils se mirent à lui faire des révérences : « Salut, roi des Juifs ! »
19  Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s'agenouillaient pour lui rendre hommage.
20  Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge, et lui remirent ses vêtements.
Puis, ils l'emmenèrent pour le crucifier,
21  et ils réquisitionnent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.
22  Et ils amènent Jésus à l'endroit a

 

Tous droits réservés 2014